Guide par type d’événement
Agression
Victime de violences volontaires : vous pouvez être indemnisé même si l’auteur est inconnu, en fuite ou insolvable.
1 Définition rapide
Vous saisissez la CIVI (Commission d’indemnisation des victimes d’infractions), juridiction civile installée dans chaque tribunal judiciaire, et c’est le FGTI (Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres infractions) qui paie. L’auteur peut être inconnu, en fuite, mineur ou insolvable : cela ne change rien à votre droit.
Le régime dépend de la gravité. En cas d’atteinte grave à la personne — ITT d’au moins un mois, viol, agression sexuelle, ou décès — vous obtenez une réparation intégrale, sans condition de ressources. Pour les atteintes plus légères, l’indemnisation reste possible mais plafonnée et soumise à conditions ; le SARVI peut aussi vous aider à recouvrer les dommages-intérêts déjà obtenus au pénal.
2 Que faire tout de suite
Dans une agression, la preuve du dommage est votre meilleur atout : elle doit être constituée immédiatement.
- Déposez plainte sans attendre. La plainte est la clé de voûte du dossier. Elle est possible même si vous ne connaissez pas votre agresseur.
- Faites constater vos blessures et obtenez une ITT. Rendez-vous aux urgences ou en unité médico-judiciaire. Le certificat doit fixer une ITT (incapacité totale de travail au sens pénal) : c’est elle qui conditionne l’accès à la réparation intégrale.
- Photographiez les lésions. Jour après jour, avec la date. Les hématomes disparaissent — pas les photos.
- Recueillez les témoignages. Coordonnées des témoins, attestations écrites, images de vidéoprotection (à réclamer très vite, elles s’effacent en quelques jours).
- Ne négligez pas le psychologique. Stress post-traumatique, troubles du sommeil, phobies : faites-les acter par un professionnel. Ce sont des préjudices indemnisables à part entière.
- Conservez tout. Arrêts de travail, ordonnances, factures, frais de serrurier, de déménagement, de suivi psychologique.
3 Comment se déroule la procédure
La procédure d’indemnisation est indépendante du procès pénal : vous n’avez pas besoin d’attendre la condamnation de votre agresseur pour être indemnisé.
- Plainte et enquêteLe dépôt de plainte déclenche l’enquête. Constituez-vous partie civile pour accéder au dossier et faire valoir vos droits.
- Saisine de la CIVIVous déposez une requête devant la CIVI du tribunal judiciaire. Elle est transmise au FGTI.
- Offre du FGTILe Fonds dispose de 2 mois pour vous présenter une offre à compter de la réception du dossier complet.
- Expertise médicaleUne expertise évalue vos séquelles physiques et psychologiques. Faites-vous assister d’un médecin-conseil de victime : le retentissement psychique est systématiquement sous-évalué.
- Décision de la CIVISi l’offre est acceptée, la CIVI l’homologue. En cas de refus ou de désaccord, la CIVI tranche et fixe elle-même l’indemnisation.
- Recours du FondsLe FGTI vous paie, puis se retourne contre l’agresseur. Ce recours ne vous concerne pas : vous êtes indemnisé quoi qu’il arrive.
4 Les délais à connaître
Le délai de saisine de la CIVI est le piège le plus fréquent : il est court et son point de départ dépend de la procédure pénale.
| Délai | Ce qu’il concerne |
|---|---|
| Immédiat | Plainte et certificat médical Plus le constat est tardif, plus le lien entre l’agression et vos blessures sera contesté. |
| 3 ans | Saisine de la CIVI À compter de la date de l’infraction. C’est le délai de principe. |
| 1 an | Après la décision pénale Si une procédure pénale a eu lieu, vous disposez d’un an supplémentaire à compter de la décision devenue définitive. Ce délai rouvre la porte même si les 3 ans sont écoulés. |
| 2 mois | Offre du FGTI À compter de la réception de votre demande complète. |
| 1 mois | Paiement Après acceptation de l’offre et homologation. |
| 2 mois | Saisine du SARVI Après une décision pénale définitive vous accordant des dommages-intérêts non payés. |
5 Ce qui peut être indemnisé
La réparation est intégrale pour les atteintes graves. Le préjudice psychologique et le préjudice d’angoisse doivent être réclamés : ils ne sont presque jamais proposés spontanément.
6 Les erreurs à éviter
- Croire qu’on ne sera pas indemnisé si l’agresseur est inconnu ou insolvable. C’est faux : le FGTI paie à sa place. C’est précisément la raison d’être du Fonds.
- Laisser passer le délai de 3 ans. C’est la cause la plus fréquente de perte de droits. Un an après la décision pénale définitive, le délai peut toutefois rouvrir.
- Négliger le préjudice psychologique. Le traumatisme d’une agression pèse souvent plus lourd et plus longtemps que les lésions physiques. Il doit être expertisé et chiffré.
- Accepter la première offre du Fonds. Le FGTI est un payeur : son offre initiale est un point de départ de négociation, pas un plafond.
- Attendre la fin du procès pénal. L’indemnisation devant la CIVI est autonome. Attendre fait courir les délais pour rien.
7 Questions fréquentes
Mon agresseur n’a jamais été retrouvé. Puis-je être indemnisé ?
Dois-je attendre le procès pénal ?
Qu’est-ce que l’ITT et pourquoi est-ce déterminant ?
Et si mon préjudice est plus léger ?
Puis-je être indemnisé pour une agression subie à l’étranger ?
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