Guide par type d’événement
Trottinette & vélo
Un point de droit décisif sépare le vélo de la trottinette électrique — et il change radicalement votre indemnisation.
1 Définition rapide
À vélo (sans moteur), vous êtes une victime protégée. Si un véhicule à moteur est impliqué dans l’accident, la loi Badinter vous protège : vous êtes indemnisé quelle que soit votre part dans l’accident, sauf faute inexcusable cause exclusive — hypothèse très rare. C’est la même protection que le piéton.
En trottinette électrique, non. Une trottinette électrique est juridiquement un engin de déplacement personnel motorisé, assimilé à un véhicule terrestre à moteur. Son conducteur n’est donc pas une victime protégée : comme tout conducteur, sa propre faute peut réduire, voire supprimer, son indemnisation.
Conséquence directe : la trottinette électrique est soumise à l’assurance responsabilité civile obligatoire. Rouler sans assurance est une infraction — et, en cas d’accident, une catastrophe financière. Si l’engin responsable n’est pas assuré, le FGAO peut toutefois indemniser la victime.
2 Que faire tout de suite
Les réflexes sont ceux de l’accident de la route — avec une vigilance particulière sur la qualification de l’engin.
- Faites établir un certificat médical initial. Sous 24 à 48 heures. Les chutes de trottinette provoquent des traumatismes crâniens souvent minimisés dans l’instant.
- Faites intervenir la police. Le procès-verbal est précieux : il fixe les circonstances et la qualification de l’engin.
- Notez tout sur l’autre engin. Immatriculation, assurance, modèle, s’il s’agissait d’une trottinette en libre-service (l’opérateur a une assurance).
- Photographiez la chaussée. Nid-de-poule, rail de tramway, gravillons, absence de signalisation : le gestionnaire de la voirie peut être responsable.
- Recherchez les témoins et les caméras. Les accidents de trottinette sont fréquemment contestés : la preuve est décisive.
- Déclarez sous 5 jours ouvrés. À votre assureur, et vérifiez si vous disposez d’une garantie conducteur ou d’une GAV.
3 Comment se déroule la procédure
La procédure suit la loi Badinter lorsqu’un véhicule à moteur est impliqué. Le régime applicable dépend de ce que vous conduisiez.
- Qualification de la situationÉtiez-vous cycliste (victime protégée) ou conducteur d’un engin motorisé (faute opposable) ? Tout en découle.
- Identification de l’assureurAssureur du véhicule impliqué, de la trottinette, ou de l’opérateur de libre-service. À défaut d’assurance, le FGAO intervient.
- ProvisionUne avance sur indemnisation peut être obtenue rapidement.
- Expertise médicaleNe vous y présentez jamais seul. Les traumatismes crâniens légers et les séquelles cognitives sont systématiquement sous-évalués.
- Consolidation puis offreL’assureur chiffre poste par poste selon la nomenclature Dintilhac.
- Transaction ou tribunalLa première offre se discute. À défaut d’accord, le juge tranche.
4 Les délais à connaître
Les délais sont ceux de la loi Badinter dès lors qu’un véhicule à moteur est impliqué.
| Délai | Ce qu’il concerne |
|---|---|
| 24–48 h | Certificat médical initial Impératif, particulièrement en cas de choc à la tête. |
| 5 jours ouvrés | Déclaration à l’assureur Délai de principe. |
| 8 mois | Offre provisionnelle L’assureur doit présenter une offre dans les 8 mois de l’accident. |
| 5 mois | Offre après consolidation À compter du moment où l’assureur a connaissance de la consolidation. |
| 15 jours | Rétractation Après signature d’une transaction. |
| 10 ans | Prescription À compter de la consolidation. |
5 Ce qui peut être indemnisé
Tous les postes Dintilhac sont mobilisables. Sur ces dossiers, une vigilance particulière s’impose sur les séquelles neurologiques et cognitives, souvent invisibles.
6 Les erreurs à éviter
- Croire qu’une trottinette électrique est « comme un vélo ». Juridiquement, c’est un véhicule à moteur. Le conducteur n’est pas une victime protégée et sa faute lui est opposable.
- Rouler sans assurance. L’assurance responsabilité civile est obligatoire pour une trottinette électrique. Sans elle, vous engagez votre patrimoine personnel.
- Minimiser un choc à la tête. Un traumatisme crânien « léger » peut laisser des séquelles cognitives durables : fatigue, troubles de la mémoire, irritabilité. Elles doivent être expertisées par un neuropsychologue.
- Oublier l’état de la chaussée. Nid-de-poule, rail, gravillons : un recours contre le gestionnaire de la voirie est souvent possible et rarement envisagé.
- Se laisser opposer sa propre faute trop vite. Même conducteur, une faute simple ne supprime pas nécessairement toute indemnisation : elle la réduit, et cette réduction se discute.
7 Questions fréquentes
Je circulais à vélo et une voiture m’a renversé. Suis-je indemnisé même si j’ai commis une erreur ?
Et si je conduisais une trottinette électrique ?
La trottinette qui m’a renversé n’était pas assurée. Que faire ?
J’ai chuté seul avec une trottinette en libre-service.
Faut-il un casque ?
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Trottinette ou vélo : le régime n’est pas le même
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Page d’information générale — ne constitue pas une consultation juridique et ne garantit aucun résultat. Chaque dossier s’apprécie au regard de ses circonstances et de ses pièces.