Guide par type d’événement
Accident maritime & nautique
Plaisance, jet-ski, chute par-dessus bord, blessure par hélice : un régime spécifique, une preuve difficile.
1 Définition rapide
Trois fondements sont mobilisables :
La responsabilité du gardien du navire. Le propriétaire ou celui qui a la maîtrise du bateau répond de plein droit des dommages causés par lui — hélice, manœuvre, chute à bord.
La faute du pilote. Vitesse excessive, manœuvre dangereuse, non-respect des règles de barre, alcool, absence de surveillance d’un baigneur ou d’un skieur nautique, mise en route du moteur avec une personne à l’eau.
L’abordage et la responsabilité de l’organisateur. Location, club nautique, sortie encadrée, activité commerciale : une obligation de sécurité pèse sur le professionnel.
À la différence de l’automobile, l’assurance de plaisance n’est pas toujours obligatoire — d’où l’importance de vérifier immédiatement les garanties existantes.
2 Que faire tout de suite
En mer, les preuves disparaissent en quelques minutes. Chaque geste immédiat compte.
- Alertez les secours et faites tracer l’événement. VHF canal 16, CROSS, SNSM. L’intervention des secours crée une trace horodatée officielle — souvent la seule preuve objective.
- Faites établir un rapport de mer. C’est le document par lequel le capitaine relate les circonstances. Il est central dans un dossier maritime.
- Signalez à la gendarmerie maritime. Notamment en cas de blessures graves ou de suspicion d’alcool : une enquête pénale peut être ouverte.
- Identifiez le navire et son assurance. Nom, immatriculation, port d’attache, propriétaire, pilote, société de location.
- Recueillez les images et les témoins. Téléphones, GoPro, caméras du port, passagers présents à bord. Les personnes à bord sont souvent des proches du pilote : recueillez leurs déclarations vite.
- Faites constater vos blessures dès le retour à terre. Les plaies par hélice et les traumatismes de noyade doivent être décrits avec précision.
3 Comment se déroule la procédure
Le dossier maritime se gagne sur la preuve des circonstances. L’enquête et l’expertise doivent être menées de front.
- Constitution du dossier de preuveRapport de mer, main courante du CROSS, procès-verbaux de la gendarmerie maritime, témoignages, images.
- Identification du responsable et de l’assureurGardien du navire, pilote, loueur, organisateur, club. Plusieurs responsabilités peuvent se cumuler.
- Volet pénal éventuelBlessures involontaires, mise en danger d’autrui, conduite sous l’emprise de l’alcool. La constitution de partie civile ouvre l’accès au dossier d’enquête.
- Expertise médicaleAvec un médecin-conseil de victime. Les séquelles fonctionnelles (préhension, marche, esthétique) sont majeures dans les blessures par hélice.
- Négociation avec l’assureurLes assureurs maritimes appliquent volontiers des logiques d’acceptation des risques : elles se combattent.
- Action judiciaireDevant le tribunal judiciaire, sur le fondement du droit commun et du droit maritime.
4 Les délais à connaître
Des délais spécifiques au droit maritime peuvent se superposer aux délais de droit commun.
| Délai | Ce qu’il concerne |
|---|---|
| Immédiat | Alerte des secours (VHF 16 / CROSS) Crée une trace officielle horodatée, souvent décisive. |
| 24–48 h | Rapport de mer et certificat médical Le rapport de mer relate les circonstances ; le certificat médical fonde le dommage. |
| 5 jours ouvrés | Déclaration à l’assureur Assurance plaisance, contrat de location, garantie individuelle. |
| 2 ans | Prescription en matière d’assurance Prescription biennale des actions dérivant du contrat d’assurance. Piège classique. |
| 10 ans | Action en réparation du dommage corporel À compter de la consolidation, contre le responsable. |
5 Ce qui peut être indemnisé
La réparation est intégrale lorsqu’un responsable est identifié. Les blessures par hélice imposent une attention particulière au préjudice esthétique et au préjudice d’agrément (sport, nautisme, baignade).
6 Les erreurs à éviter
- Ne pas alerter les autorités maritimes. Sans trace du CROSS, de la SNSM ou de la gendarmerie maritime, la preuve des circonstances devient extrêmement fragile.
- Négliger le rapport de mer. C’est la pièce de référence du dossier maritime. Son absence — ou sa rédaction unilatérale par le pilote — vous dessert durablement.
- Laisser l’assureur du bateau conduire l’expertise. Il défend le navire et son propriétaire, pas la victime.
- Se laisser opposer « l’acceptation des risques ». Monter à bord ne signifie pas accepter d’être blessé par une manœuvre fautive. Cet argument se combat.
- Oublier la prescription biennale. Face à un assureur, deux ans suffisent à éteindre l’action.
7 Questions fréquentes
La loi Badinter s’applique-t-elle en mer ?
J’ai été blessé par l’hélice d’un bateau.
J’étais passager, invité par un ami. Puis-je agir contre lui ?
Le bateau n’était pas assuré.
L’accident est survenu lors d’une sortie encadrée.
8 Guides détaillés
Un accident nautique se prouve dans les premières heures
Nous reconstituons les circonstances et identifions le responsable. Réponse sous 24 h.
Page d’information générale — ne constitue pas une consultation juridique et ne garantit aucun résultat. Chaque dossier s’apprécie au regard de ses circonstances et de ses pièces.